(Le test de la solidité des liens entre les Brics. De toute façon, ils doivent réduire leur utilisation du dollars qui les soumet à l'arbitraire de la loi américaine, illégalement d'ailleurs, et diminuer, même arrêter leur commerce avec les States. L'Afrique est là qui leur tend les bras, faites en un marché de consommateurs en fournissant du travail au africains. note de rené)
par Moon of Alabama
Le président américain Donald Trump suit désormais largement la politique hostile de ses prédécesseurs envers la Russie.
Si la guerre en Ukraine se poursuit sur sa lancée actuelle, la Russie y mettra fin par une victoire totale. Les États-Unis et leurs vassaux européens tentent d’imposer un cessez-le-feu pour empêcher cela. Cela donnerait le temps de reconstruire l’armée ukrainienne et de reprendre la guerre à un moment plus opportun. Mais la Russie ne bougera pas tant que ses objectifs de guerre ne seront pas atteints.
Une contre-mesure espérée consiste à faire pression sur les clients du pétrole russe, afin de réduire ses revenus et l’empêcher de terminer la guerre en sa faveur.
Lorsque la guerre a éclaté en 2022, l’Union européenne a coupé son propre accès aux approvisionnements en pétrole et en gaz russes. Elle a commencé à acheter davantage de pétrole aux pays du Golfe et à d’autres producteurs. L’Inde et la Chine se sont ainsi retrouvées soudainement coupées de leurs fournisseurs traditionnels. Elles ont commencé à acheter du pétrole russe. Le président américain Joe Biden a alors encouragé cette pratique. Il ne voulait pas que les prix mondiaux du gaz augmentent. L’approvisionnement mondial est resté inchangé et la modification des itinéraires du pétrole à travers le monde n’a eu qu’un effet mineur sur les prix.
Un effet secondaire a toutefois été perceptible dans certaines raffineries européennes. Plusieurs d’entre elles étaient spécialisées dans le traitement du pétrole lourd de l’Oural. Elles ont finalement dû cesser leur activité. Leur activité a été reprise par des raffineries indiennes qui ont transformé le pétrole russe et exporté le diesel ainsi produit vers l’Europe.
Mais aujourd’hui, les États-Unis et leurs vassaux européens tentent d’imposer des sanctions et/ou des droits de douane à la Chine et à l’Inde pour avoir continué à acheter du pétrole russe. Cela perturberait le nouvel équilibre du marché et finirait par entraîner une hausse des prix du pétrole pour tout le monde.
La Chine a réussi à repousser les pressions américaines. En réponse aux menaces de droits de douane, elle a suspendu ses exportations de minerais dont les États-Unis ont besoin. Trump a dû faire marche arrière.
L’Inde est la nouvelle cible de Trump :
Le ministère indien des Affaires étrangères a réagi en soulignant l’hypocrisie de demander à l’Inde de mettre fin à ses relations commerciales tout en poursuivant celles des États-Unis avec la Russie :
«(…) 4. Le commerce entre l’Europe et la Russie ne concerne pas seulement l’énergie, mais aussi les engrais, les produits miniers, les produits chimiques, le fer et l’acier, ainsi que les machines et les équipements de transport.
5. Quant aux États-Unis, ils continuent d’importer de Russie de l’hexafluorure d’uranium pour leur industrie nucléaire, du palladium pour leur industrie des véhicules électriques, des engrais ainsi que des produits chimiques.
6. Dans ce contexte, le ciblage de l’Inde est injustifié et déraisonnable. Comme toute grande économie, l’Inde prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger ses intérêts nationaux et sa sécurité économique».
Constatant cette résistance, Trump a rapidement durci ses exigences :
«Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’il augmenterait «très considérablement» les droits de douane sur les importations en provenance d’Inde, actuellement fixés à 25%, dans les prochaines 24 heures, compte tenu de la poursuite des achats de pétrole russe par New Delhi.
Il a également déclaré qu’une offre de «droits de douane nuls» sur les importations de produits américains en Inde n’était pas suffisante, affirmant que l’Inde «alimentait la guerre» en Ukraine. (…)
Cette dernière déclaration fait suite à une menace similaire proférée lundi, qui avait poussé le ministère indien des Affaires étrangères à déclarer que son pays était injustement pris pour cible en raison de ses achats de pétrole russe».
L’Inde est un très grand pays fier. Elle est probablement prête à riposter. Au cours des 25 dernières années, les États-Unis ont tenté de gagner l’Inde, officiellement neutre et amie de la Russie, comme alliée. Trump est en train de ruiner cette tentative.
Il existe des produits indiens, comme les produits pharmaceutiques, pour lesquels elle détient un quasi-monopole et dont les États-Unis ont besoin. Si elle est intelligente, elle jouera le même jeu que la Chine avec les terres rares : retenir ce dont les États-Unis ont besoin et attendre que Trump capitule.
Pour compenser les dommages éventuels, ils devront en même temps chercher à améliorer leurs relations avec la Chine et même à obtenir du pétrole moins cher de la Russie.
L’Union européenne, quant à elle, continue de se nuire à elle-même. Le mois dernier, elle a sanctionné une raffinerie indienne pour avoir acheté du pétrole russe, ce qui a rapidement entraîné une hausse des prix du diesel en Europe :
«Les récentes sanctions de l’UE contre la raffinerie indienne Niara Energy ont supprimé du jour au lendemain environ 15% des importations européennes de diesel, ce qui a fait grimper les prix et créé une forte volatilité du marché. (…)
Avec le recours à d’autres sources d’approvisionnement au Moyen-Orient, en Asie et aux États-Unis, les prix du diesel ont bondi de 2,40 à 2,47 dollars le gallon, et ceux du gazole sont passés de 700 à 725 dollars la tonne. Ce changement intervient dans un contexte d’offre mondiale déjà tendue, l’Europe devant désormais payer un supplément pour attirer de nouveaux barils».
Il prévoit également de nouvelles sanctions contre la Chine, alors même que celle-ci a prouvé qu’elle avait l’avantage dans l’escalade commerciale et qu’elle riposterait à coup sûr.
La tentative de lutter contre la Russie par des sanctions secondaires contre ses clients est vouée à l’échec.
Nous pouvons donc nous attendre à davantage d’attaques contre le transport maritime lié à la Russie.
source : Moon of Alabama

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